Les allemands sont prêts pour l’offensive Plug-In Hybride

A l’heure où l’écologie prend, à raison, de plus en plus de place dans notre quotidien, le secteur de l’automobile reste encore un peu à la traîne. Les politiques commencent seulement à se réveiller et à évincer leurs incitants au diesel. De leur côté, les constructeurs acceptent progressivement la voie électrique comme solution durable — notamment grâce au succès de la Tesla Model S  — et s’ouvrent au « Plug-in Hybrid », le meilleur compromis actuel. Tour d’horizon de ces nouvelles hybrides chez les allemandes, les plus prisées dans notre plat pays !

« Une voiture hybride, et puis quoi encore ? » vous êtes-vous sûrement déjà dit. Il est vrai que jusqu’à présent, pour la majorité des automobilistes, l’hybride a toujours été catégorisé comme véhicule avec lequel on roule trop lentement en ville pour éviter de démarrer le moteur à combustion, qui n’accélère pas de manière franchement grisante, qui n’a aucune vocation sportive, qui propose un look pseudo-futuriste ne plaisant pas toujours aux plus jeunes et qui offre un habitacle constitué de matériaux composites légers et généralement peu flatteurs. Ainsi, même si les Toyota Prius, Honda Insight ou CR-Z possèdent d’indéniables arguments pour certains — que l’on ne contredira pas, elles restent dans la conscience collective des voitures « pépères » réservées à un marché de niche. Difficile, dans un pays comme la Belgique où le parc automobile est essentiellement constitué de voitures de société, d’inciter les conducteurs à opter pour l’hybride. D’autant plus que la tendance est, depuis des années, à l’idolâtrie du premium allemand : Audi, BMW, Mercedes-Benz. Eh oui, les belges raffolent de la classe à l’allemande, de leurs finitions haut de gamme, de leurs habitacles sombres, sobres et technologiques, de leurs kits sport et de leurs moteurs puissants. Dès lors, tant que les allemands ne proposeront pas de bons véhicules hybrides, ces derniers auront peu de chance de se démocratiser dans notre plat pays (et peut-être même ailleurs en Europe).

Bonne nouvelle, cependant ! Le trio allemand propose désormais plusieurs variantes hybrides à son catalogue, et pas des moindres. Si les constructeurs ont préféré, il y a quelques années, démarrer leur offensive hybride sur leurs modèles haut de gamme (comme le BMW Série 7 ActiveHybrid), ils ont depuis peu étendu leur offre aux véhicules plus communs et accessibles comme l’Audi A3 (et bientôt l’A4), la BMW Série 3 et la Mercedes-Benz Classe C. Des modèles extrêmement prisés dans nos contrées et dont la déclinaison hybride propose, très franchement, une alternative on ne peut plus intéressante — grâce à la technologie « Plug-In Hybrid ». Imaginez : des performances exceptionnelles et un couple gargantuesque sur l’autoroute avec une consommation contenue, d’une part, et zéro émission en zone urbaine avec plus de trente kilomètres d’autonomie en tout électrique et ce jusqu’à 120 km/h d’autre part… C’est ce que proposent les Audi A3 Sportback e-tron, BMW 330e et Mercedes-Benz C350 e. Avec ces dernières, vous allez rapidement changer d’avis sur la technologie hybride !

Avec la récente sortie de la BMW 330e, nos trois constructeurs allemands proposent donc une version hybride de leur modèle le plus vendu. Enfin, c’est presque vrai : si la toute nouvelle Audi A4 ne comporte pas encore de version hybride, celle-ci ne devrait plus tarder à montrer le bout de sa calandre. En attendant, l’Audi A3 Sportback e-tron tiendra le bon rôle aux côtés de notre BMW susmentionnée ainsi que la concurrente de chez Mercedes-Benz, la C350 e. Le point commun de ces trois véhicules ? La technologie « Plug-In Hybrid ». Le principe est simple, le véhicule est doté d’un moteur classique roulant à l’essence et d’une puissance convenable (entre 150 et 211 ch) auquel est associé un moteur électrique et un batterie de grande capacité. Cette dernière, en plus de récupérer de l’énergie en roulant, peut être rechargée sur une prise de courant domestique conventionnelle. Ainsi, contrairement aux Toyota Prius, Honda Insight ou même Lexus IS 300h qui offrent une autonomie en tout électrique de quelques kilomètres seulement, nos petites allemandes peuvent parcourir entre trente et cinquante kilomètres, et ce jusqu’à environ 120 km/h !

En pratique, le moteur électrique propose deux avantages non négligeables. Premièrement, il peut être utilisé pour booster les performances de l’automobile sans pour autant consommer davantage de carburant. Le moteur électrique disposant immédiatement de son couple maximal, l’accélération subie promet donc de décoiffer. Sur autoroute, les dépassements rapides s’enchaînent sans que la consommation ne s’envole. Deuxièmement, lors de trajets plus calmes en ville ou dans les embouteillages, vous ne consommez pas une goutte de carburant et roulez entièrement sur le moteur électrique et ses batteries. Plus de jus sur ces dernières ? Pas de problème, le moteur à combustion prend le relais, vous ne tomberez pas en panne (tant que vous faites le plein d’essence). Enfin, les batteries peuvent allègrement se recharger lorsque vous circulez tranquillement sur l’autoroute, lorsque vous freinez, ou lorsque le véhicule descend une pente. Pour une efficacité maximale de recharge, l’automobile « Plug-In Hybrid » peut même analyser votre parcours prévu pour autant qu’il ait été introduit dans le GPS. En résumé, votre moteur roulant à l’essence est largement « boosté » par un moteur électrique qui offre de meilleurs performances qu’un turbo, et la consommation de carburant en ville n’est plus qu’un lointain souvenir. Votre portefeuille en sera soulagé, la nature aussi.

Concrètement, que proposent nos trois rivaux allemands ? La toute récente BMW 330e, pour commencer, est dotée d’un moteur quatre cylindres 2,0 L (1.998 cc) de 184 ch, celui-là même que l’on trouve sous le capot 320i. De base, ce moteur fournit un couple de 290 Nm et rejette 128 g CO2/km pour une consommation mixte annoncée à 5,5 L/100 km. A ce bloc est adjoint un moteur électrique de 65 kW — soit 88 ch — et 250 Nm de couple fonctionnant sur une batterie de 7,6 kWh (brute). Le groupe motopropulseur complet délivre ainsi 252 ch et 420 Nm (soit la puissance d’une 330i avec un couple supérieur) tout en promettant une consommation de 2,1 L/100 km et des rejets de 49 g CO2/km. Ainsi dotée, cette BMW 330e abat le 0 à 100 km/h en 6,1 s contre 5,8 s pour la « véritable » 330i. Alors, toujours « pépère », l’hybride ? Notez que pour permettre une consommation de carburant si frugale, le moteur électrique offre continuellement son « boost » au moteur thermique à hauteur de 100 Nm. En conduite normale, ce dernier n’est donc pas entièrement sollicité. En accélérant fort, le couple offert par le moteur électrique passe à 250 Nm. L’autonomie en tout électrique annoncée est de quarante kilomètres alors qu’une recharge complète de la batterie peut s’effectuer sur prise domestique pendant trois heures. La borne murale BMW i Wallbox permet de réduire cette durée à deux heures et douze minutes. Votre hybride serait ainsi rechargée à 100 % chaque nuit. Enfin, de nombreux modes de conduite sont offerts afin d’optimiser les performances, les recharges ou la consommation selon le cas… et l’humeur du conducteur.

Du côté de chez Mercedes-Benz, le set-up est assez proche de celui de BMW. En effet, le bloc de base est un quatre cylindres de 2,0 L (1.991 cc) offrant d’ordinaire 155 kW, soit 211 ch, pour 350 Nm de couple. Ce dernier rejette normalement 135 g CO2/km et affiche une consommation de 5,8 L/100 km ; on le retrouve dans la C250 essence. Le moteur électrique délivre quant à lui 60 kW (81 ch) et 340 Nm de couple, utilisant une batterie de 6,2 kWh. Le mariage des deux moteurs est prometteur, puisqu’il conduit à une puissance totale de 205 kW — 279 ch — et pas moins de 600 Nm. De quoi assurer des accélérations carrément impressionnantes ! Côté écologie, la C350 e revendique une consommation combinée de 2,1 L/100 km ainsi que des rejets de CO2 de l’ordre de 48 g/km. Si la vitesse maximale en tout électrique annoncée est de 130 km/h, ce qui est meilleur que la BMW 330e, l’autonomie dans ce même mode est de 31 km. En regardant les chiffres, l’on peut rapidement suggérer que le groupe électrique/batterie de chez Mercedes-Benz est sensiblement moins efficace que celui de BMW (autonomie, puissance et temps de recharge), ce que le constructeur à l’étoile compense en offrant un moteur de base plus puissant et des performances globales plus attrayantes… à un prix plus élevé. Par ailleurs, la Mercedes-Benz C350 e présente une fonctionnalité intéressante : la pédale d’accélérateur « tactile », permettant  de conditionner le comportement du conducteur. Cette pédale peut, en appliquant une résistance, informer celui-ci de la limite au delà de laquelle, en mode électrique, le moteur à combustion se déclencherait. L’automobiliste, s’il veut rester en tout électrique, est alors incité à ne pas enfoncer davantage la pédale. En pente également, la pédale peut envoyer une double impulsion au pied droit du conducteur afin de lui indiquer de retirer son pied pour que la recharge de la batterie soit optimale. Enfin, la C350 e propose cinq modes de transmission pour personnaliser la conduite (d’économique à très sportive) ainsi que quatre modes d’opération hybrides pour privilégier l’utilisation de l’électrique, la préservation de la batterie ou la recharge de celle-ci.

Quant à Audi, il fut le précurseur du « Plug-In Hybrid » chez les allemands puisqu’il introduisit une berline de ce type dès 2014, à savoir l’A3 Sportback e-tron. Avec sa nouvelle A4, le constructeur d’Ingolstadt s’apprête même à dévoiler sa deuxième génération d’hybridation. La rumeur fait état d’un couple diesel/électrique rechargeable, alors que d’autres sources indiquent que le client aurait le choix avec l’essence/électrique, également disponible au catalogue. L’avenir nous le dira. En attendant, l’A3 Sportback e-tron est disponible au catalogue avec un prix de base de 38.991,50 €1. Celle-ci est développée autour du bloc 1,4 L TFSI (1.395 cc) de 110 kW (150 ch) et 250 Nm de couple, que l’on retrouve sous le capot de nombreuses voitures du groupe VAG. Le moteur électrique produit quant à lui 75 kW (102 ch) et 330 Nm, alors que la batterie lithium-ion délivre une capacité de 8,8 kWh. La conjonction des deux moteurs donnent 150 kW (204 ch) et, étonnamment, seulement 350 Nm. Du coup, le 0 à 100 km/h devra se contenter d’une note de 7,6 s, ce qui s’avère tout de même honorable en comparaison aux motorisations communes TFSI et TDI. Par contre, la consommation est ici superbement contenue, avec 1,5 L/100 km ! Pareil pour les émissions de CO2 qui chutent à 35 g/km. Pour ce faire, le couple maximal du moteur thermique est mis à disposition entre 1.500 et 3.500 tours/minute — pas plus haut — alors que le moteur électrique peut fournir toute sa puissance de 0 à 2.200 tours/minute. Tout comme pour ses homologues, l’Audi A3 Sportback e-tron peut démarrer en tout électrique et rouler de la sorte jusqu’à 130 km/h, pour autant que la batterie soit assez chargée et que le mode de conduite adéquat soit sélectionné. Dans un mode de conduite plus sportif (« S »), le moteur thermique sera immédiatement mis à contribution. Cette Audi A3 propose elle aussi différents modes de conduite permettant de favoriser tantôt les performances, tantôt la consommation ou la recharge de la batterie avec préservation d’énergie. Elle récupère également l’énergie perdue en freinant, notamment dans les pentes.

Même si l’Audi A4 e-tron se fait encore attendre, les allemands « premium » proposent désormais une version « Plug-In Hybrid » de leurs véhicules phares. Bien loin de l’idée que l’on pouvait se faire de ce type d’automobiles il y a quelques années, ces Audi A3 Sportback, Mercedes-Benz C350 e et BMW 330e ont tout pour plaire, offrant une consommation de carburant pingre, des performances étonnantes et un mode tout électrique agréable et écologique pour la ville et les embouteillages. En comparant les trois modèles, l’on peut constater qu’Audi a voulu privilégier l’autonomie en tout électrique ainsi que la consommation, au détriment des performances. A contrario, Mercedes-Benz compense un moteur électrique moins performant avec un très bon bloc essence de base, mais à un prix plus élitiste. La BMW, quant à elle, se place un peu au milieu du jeu de quilles en offrant un très bon équilibre entre performances et autonomie. Ces trois berlines, bien que souvent qualifiées d’abordables, se monnaient tout de même au prix fort avec au minimum 10.000 € de plus que le prix d’entrée pour un moteur essence classique. Des tarifs qui, cependant, pourront rapidement se faire oublier dans le monde du leasing automobile où les avantages toute nature, calculés sur les émissions de CO2, seront sans nul doute très intéressants pour tout cadre ou chef d’entreprise désireux de rouler en « premium » tout en faisant un geste non négligeable pour l’écologie. La classe à l’allemande et l’écologie ne font désormais plus qu’une, alors qu’attendez-vous ?

Tableau comparatif

BMW 330e Mercedes-Benz
C 350 e
Audi A3 e-tron
 Prix de base1 43.250 €  51.788 €  38.991,50 €
 Puissance (combustion)  135 kW/184 ch
290 Nm
 155 kW/211 ch
350 Nm
 110 kW/150 ch
250 Nm
 Puissance (électrique)  65 kW/88 ch
250 Nm
 60 kW/81 ch
340 Nm
 75 kW/102 ch
330 Nm
 Puissance (totale)  185 kW/252 ch
420 Nm
 205 kW/279 ch
600 Nm
 150 kW/204 ch
350 Nm
 0 à 100 km/h  6,1 s  5,9 s  7,6 s
 Consommation  2,1 L/100 km  2,1 L/100 km  1,5 L/100 km
 Rejets de CO2  49 g  48 g  35 g
 Vitesse max tout électrique  120 km/h  130 km/h  130 km/h
 Vitesse max combinée  225 km/h  250 km/h  222 km/h
 Capacité batterie  7,6 kWh  6,2 kWh  8,8 kWh
 Autonomie électrique  40 km  31 km  50 km
 Temps de recharge  3 h  3 h 30  3 h 45

Sources : Communiqués officiels BMW GROUP PressClub Global, Daimler Communications, AUDI AG Product and Technology Communications.
Crédit photos : © BMW AG., © Daimler AG., © Audi AG.

1Tarifs belges.

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2 commentaires

  • J’ai une question : les allemands maîtrisent-ils la technologie hybride ?
    VW semble rencontrer quelques problèmes avec sa gamme GTE, et la boîte DSG 7, fragile sur les modèles classiques, ne vont pas arranger les choses… Pour le moment, le seul maître de l’hybride, c’est Toyota !

    • Jérémie Chevalier

      A voir les chiffres, je dirais que l’offre hybride allemande est tout de même alléchante. Cependant, seul un bon petit essai pourrait confirmer qu’ils maîtrisent effectivement cette technologie ;-).

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