Essai Volvo XC90 : Une nouvelle ère

Très attendu au sein de la sphère automobile tant les enjeux sont importants, le nouveau Volvo XC90 est enfin disponible. Marquant officiellement le renouveau de la marque suédoise depuis son rachat par l’investisseur chinois Geely, le SUV de luxe étrenne une nouvelle identité, des finitions de premier ordre ainsi que des technologies avant-gardistes. Un essai incontournable !

Resté dix années sous la tutelle du géant Ford Motor Company l’ayant acquis en 1999, le constructeur suédois Volvo Cars a traversé une période riche en chambardements. Au début du millénaire, sa gamme se constituait de trois berlines (S40, S60 et S80), de deux breaks (V40 et V70) et d’un coupé/cabriolet (C70). Afin de dynamiser le marché américain au plus vite, la division Premier Automotive Group (censée fédérer les marques automobiles de prestige détenues par Ford) développa en 2002 le tout premier SUV propre à la marque scandinave, baptisé XC90 et présenté intentionnellement au North American International Auto Show de Détroit. A l’époque déjà, l’accent fut mis sur le luxe et la sécurité, notamment grâce à une carrosserie pouvant se déformer plus facilement en des endroits clés (protection des passagers mais également des piétons) tout en empêchant l’affaissement de l’habitacle en cas de retournement (système « ROPS »). Petit à petit, la panoplie suédoise fut entièrement remaniée : nouvelles générations de S40, S80, V50 et V70, un XC60 inédit et un XC70 à la croisée des mondes. Hélas, cette offensive ne permit pas au constructeur de conserver les chiffres de vente encourageants initiés avec l’illustre XC90 premier du nom. Au bord de la faillite en 2008, le monstre sacré américain Ford se vit contraint de céder Volvo Cars au groupe chinois Zhejiang Geely Holding Group — abrégé Geely — qui concentra dès lors ses efforts sur l’expansion du marché asiatique, tout en conservant ses importations dans le monde entier.

volvo-concept-coupe-1-homeBien que les derniers modèles Volvo en date se soient de mieux en mieux vendus depuis 2010, ceux-ci furent toujours conçus sous l’ère Ford. Dès lors, ni le SUV XC60 apparu en 2008, ni la dernière génération de S60 mise sur le marché en 2010 ni la récente compacte V40 sortie en 2012 ne sont issus de travaux supervisés par le nouvel administrateur chinois — quoique  certains choix stratégiques aient été forcément appliqués. Ainsi, jusqu’en 2013, le renouvellement de la marque scandinave n’avait pas véritablement transparu et nul ne pouvait prédire quelles voies cette dernière allait emprunter. C’est alors que le mystère fut levé avec la présentation des concepts Coupé (Francfort 2013), XC (Détroit 2014) et Estate (Genève 2014), lesquels reçurent un accueil des plus favorables tant par le public que par la presse internationale. Leur point commun : une toute nouvelle identité visuelle regroupant des phares marqués d’un « T » lumineux, une calandre massive ainsi qu’un pare-chocs avant inspiré de la glorieuse P1800 Jensen et enfin, des feux arrière au dessin lumineux fin, épousant la silhouette arrière et contenant une cassure à mi-parcours. Le nouveau style intérieur fut tout autant mis à l’honneur, arborant un dessin tranchant radicalement avec les précédents modèles.

Enfin, en août 2014, Volvo leva le voile sur le successeur du XC90 après douze ans de bons et loyaux services. Très largement inspiré des concepts susmentionnés, le SUV trace le chemin d’une nouvelle ère. Avec un carnet de commandes bien fourni — notamment aux Etats-Unis, l’avenir semble prometteur pour le constructeur suédois alors que sa figure de proue est disponible depuis le printemps 2015. Les promesses seront-elles tenues ? Le nouveau XC90 peut-il s’imposer comme référence et associer définitivement la qualité, le luxe et la sécurité avec le nom de son géniteur ? Eléments de réponse dans cet incontournable essai !

Redéfinir l’image du luxe

A la vue du nouveau XC90, nul doute n’est permis : le constructeur suédois a bel et bien tourné la page de l’ère Ford afin de se reconstruire à partir d’une page blanche (ou presque). Hormis le logo Volvo trônant fièrement sur la calandre aux allures chromées, le SUV ne partage pratiquement rien avec son prédécesseur ni avec les autres modèles de la gamme actuelle. Les codes de style sont inédits, la silhouette est inconnue et les traits de carrosserie sont étrangers. Ceci n’est pas une Volvo. Ceci est le début du prochain chapitre que l’on espère savoureux.

Si les dernières tendances en terme de design automobile convergent volontiers vers des faces agressives, des silhouettes sportives, des nervures très marquées, des profils gravés de courbes et tant d’autres exubérances, le XC90 mise avant tout sur l’élégance et le raffinement. Dans ce domaine particulier, la qualité d’un designer peut se mesurer par sa capacité à concevoir un objet d’apparence simple, exprimant sa beauté à l’aide de petits détails modérément prononcés et savamment répartis… ce que Volvo a bien compris. Ainsi le SUV se montre-t-il discret au premier regard, à la fois sobre et passe-partout. Son dessin n’en est pas moins appréciable pour les amateurs, grâce à des proportions très bien équilibrées, une stature imposante et fluide à la fois mais surtout, l’impression de redécouvrir un nouveau véhicule à chaque angle différent. A contrario, les automobilistes privilégiant les designs plus sportifs et agressifs resteront probablement quant à eux sur leur faim.

En approchant le sujet au plus près, on remarquera son impressionnante face avant munie de phares très étirés, se prolongeant délicatement sur l’aile et ornés d’un éclairage diurne (DRL) en forme de « T » censé rappeler le marteau de Thor dans la mythologie scandinave tout en marquant les esprits. Et pour cause, cette signature de style devrait se retrouver sur tous les futurs modèles du constructeur et permettre de les reconnaître plus ouvertement. La calandre, massive et de coupe presque verticale, se montre discrète sur les versions « Kinetic » et « Momentum », alors qu’elle s’avère particulièrement ostensible avec sa teinte chromée sur la finition « Inscription » de notre modèle d’essai — lequel fait la part belle aux petits détails reluisants. Quant à la déclinaison « R-Design » (la parure sportive de chez Volvo), celle-ci s’enjolive naturellement d’une calandre au motif de nid d’abeilles. Large et haut, le pare-chocs avant comporte une importante superficie de carrosserie pleine alors que le bas présente deux ouïes latérales (elles aussi chromées) tout comme une prise d’air béante dont l’incrustation métallique s’aligne sagement avec le reste du spoiler et les phares antibrouillard (310 €¹; de série sur la gamme « Inscription »). Le léger trait soulignant le phare (au niveau du gicleur), l’intégration des ouïes latérales ou encore les nervures du capot fuyant vers l’aile en soulignant les projecteurs (celles-ci n’étant vraiment visibles que de l’avant) sont autant de petits détails qui fournissent un design élaboré tout en conservant une apparence simple et épurée. Un visage contenu et sans abondance de traits provocants, donc.

Même constat pour le profil : sous une apparente sobriété, ce dernier confère au XC90 une image à la fois robuste et fluide où les proportions peuvent difficilement heurter l’amateur tout comme le néophyte. Alors que les passages de roue sont mis en valeur par une excroissance sur deux niveaux, une délicate nervure traverse la haute ceinture de caisse du capot jusqu’au feu arrière en surplombant les poignées de porte (et non en les traversant, comme sur tant de modèles actuels). Peu marquée à l’avant, celle-ci souligne de plus en plus la silhouette de l’automobile à mesure que l’on se rapproche de l’arrière. Le dessin des vitres, légèrement montantes au niveau du coffre, tend à accentuer cette rupture entre le profil et la poupe. Une seconde arrête, tout aussi subtile, se loge au bas des portières en renforçant le caractère baroudeur du SUV. La finition « Inscription » se dote même d’un baguette chromée estampillée du sigle éponyme pour un effet très classy. Enfin, même les poignées de portière sont elles aussi munies d’un cerclage brillant. Sentiments de grandeur, de solidité et de luxe se dégagent aisément de la nouvelle étoile suédoise.

Quant à la poupe, celle-ci présente une silhouette plus angulaire, spécifiquement au niveau de la vitre du hayon (masquant tout mécanisme ou carrosserie) ainsi que des feux plutôt originaux. La disposition verticale de ces derniers permet d’insister sur la largeur du véhicule à mi-hauteur, alors qu’ils s’affinent harmonieusement en menant droit au becquet proprement intégré. Notons les dimensions généreuses de la vitre arrière qui profite de cet agencement judicieux, mais également du placement de l’essuie-glace au travers de celle-ci sans le moindre raccord visible. Inutile de préciser que la visibilité arrière s’en trouve grandement améliorée. La petite touche de sportivité est apportée par le pare-chocs arrière avec ses catadioptres enjolivées de chrome — un nouveau petit détail appréciable — mais surtout, ses deux sorties d’échappement logées dans un diffuseur argenté. Ainsi accoutrée, le XC90 donne ici une certaine impression de puissance.

Au final, quelque soit l’angle de vue, cette nouvelle Volvo réserve bien des surprises. En étudiant son design à la loupe, l’on peut comprendre comment un design sans démesure peut créer l’émoi par ses petites touches de génie. Alors que seule la face avant semble ne pas faire l’unanimité, la silhouette générale plaira a priori davantage aux personnes sages et introverties.

Voyager en première classe

Face à des concurrentes allemandes armées jusqu’aux dents, Volvo n’a pas le droit à l’erreur. Repensé de A à Z, l’habitacle possède de sérieux atouts pour attirer une clientèle exigeante et habituée aux matériaux de qualité et autres finitions haut de gamme. Adieu la console centrale « suspendue » entre le tableau de bord et le levier de boîte de vitesses, l’armada de boutons ou encore le petit écran GPS : ici aussi, les designers du XC90 sont partis d’une page blanche. Fidèle à son dessein, celui-ci s’avère davantage discret et distingué que dynamique et impétueux. Tout comme pour la carrosserie, les traits mélangent habilement courbes et angles nets, sans jamais tomber dans l’excès.

Première constat : la qualité perçue est au rendez-vous, l’assemblage est rigoureux et les finitions sont dignes d’un produit automobile phare. Le tableau de bord, la console centrale, les contre-portes et autres éléments sont composés de plastiques mous et agréables au toucher, alors que du cuir recouvre l’entièreté de l’accoudoir central ainsi que certaines parties des panneaux de porte. Les plastiques durs, quant à eux, se font heureusement rares. Jusqu’ici, rien de bien surprenant pour une voiture de luxe. Néanmoins, les luxueuses incrustations que l’on retrouve dans le bas du tableau de bord, sous la console centrale, autour du levier de vitesses et sur la partie supérieure des portières sont d’un niveau de qualité jamais vu chez le constructeur suédois. Les variantes « Linear Walnut » (bois), « Carbon Fibre » et « Metal Mesh » (modèle d’essai) sont particulièrement authentiques.

Par ailleurs, nombreux sont les éléments dont le contour est souligné par un encart métallique poli, comme par exemple les aérateurs, les commandes au volant, la zone du levier de vitesses ou encore les quelques boutons situés sous le grand écran tactile. Les boutons, justement, sont pratiquement tous recouverts d’une couche de couleur noire laquée apportant une petite touche luxueuse supplémentaire alors qu’ils ne souffrent d’aucun problème d’ajustement. Une attention toute particulière a même été portée aux trois principaux commutateurs de l’habitacle (« Play/Pause », « Engine » et « Drive Mode ») lesquels adoptent une finition crantée agréable au toucher et très élégante. Quant aux poignées de porte en aluminium poli, celles-ci sont épaisses et très soignées. La version T8 du SUV devrait même se parer d’un cristal d’Orrefors (orfèvre suédois) en lieu et place du levier de vitesses et ça, c’est exceptionnel !

S’il est un domaine pour lequel les mérites de Volvo furent cent fois vantés, c’est bien le confort de ses sièges qualifiés d’orthopédiques. Avec le nouveau XC90, le constructeur permet au futur acquéreur de choisir entre des sièges « Confort » (visibles sur notre modèle d’essai) ou « Sport ». La première configuration, testée durant cet essai, offre un excellent confort au niveau des jambes, du dos et de la nuque. Le support lombaire optionnel, réglable sur quatre positions, permet de gonfler ou dégonfler certaines zones de l’assise afin de mieux soutenir le corps en s’adaptant au mieux à celui-ci. Pour peu, l’on se croirait dans un fauteuil ! Seul le soutien latéral s’avère insuffisant pour des personnes de faible corpulence, se voyant irrémédiablement glisser sur l’assise dès l’abord d’un virage ou d’un rond-point. Dans ce cas, les sièges « Sport » sont vivement à recommander. Leur revêtement, quant à lui, reste légèrement en deçà des références allemandes. Ainsi, si l’utilisation de perforations est louable, la finition générale pèche par des coutures paraissant modérément robustes et un cuir se froissant rapidement — probablement à cause d’un manque d’épaisseur.

Technologie moderne, sécurité innovante

En tant que figure de proue et leader du renouveau Volvo, le XC90 se devait de proposer une offre technologique au moins égale à celle de ses concurrents. Cet essai semble l’avoir confirmé. Pour l’extérieur, soulignons l’utilisation de la technologie LED tant pour les feux arrière que pour les projecteurs avant agrémentés du fameux motif en « T ». Disponibles en standard sur les finitions « R-Design » et « Inscription », ces phares « full LED » se monnaient 1.500 € TVAC via l’offre d’équipement « Light Pack »¹ fournissant également les technologies de faisceaux adaptatifs (ABL — « Active Bending Assist ») et de commutation automatique des feux de route (AHB — « Active High Beam ») permettant d’adapter l’illumination de la route en fonction de ses usagers, de la luminosité ambiante ou encore de la trajectoire du véhicule. En termes de visibilité, le XC90 peut être équipé d’une caméra arrière ou même d’une vision à 360° (via le Xenium Pack, 4.100 €¹), en plus des habituels capteurs (surveillant ici l’entièreté du véhicule et pas simplement l’avant et l’arrière).

Les créneaux et autres manœuvres délicates pourront par ailleurs être réalisées automatiquement sans toucher le volant. Si la nouvelle BMW Série 7 ou la future Mercedes-Benz Classe E peuvent se garer sans même qu’un conducteur soit présent, ce n’est cependant pas encore le cas pour le XC90. Sous d’autres rapports, le toit ouvrant panoramique entièrement électrique ravira les passagers au cours des longs trajets, alors que la technologie « FOUR-C » offre au conducteur un réglage électronique de la suspension et même la possibilité d’abaisser ou de surélever la voiture.

L’habitacle n’est pas en reste avec, par exemple, un combiné d’instruments graphique 12,3 pouces en lieu et place des habituels cadrans et compteurs (490 €¹, de série sur « Inscription » et « R-Design »¹) ainsi qu’un affichage « tête haute » projetant des informations telles que les vitesse et limitation actuelles ou le guidage GPS directement sur le pare-brise (1.350 €¹). Bien sûr, les sièges peuvent être équipés de multiples réglages électriques avec mémorisation, chauffage et massage, tandis que la climatisation automatique « ECC » comporte pas moins de quatre zones réglables indépendamment (avant gauche, avant droit, arrière gauche et arrière droit) — les passagers arrière disposant même d’un écran LCD sur la console centrale afin de paramétrer leur propre ventilation.

Au centre du tableau de bord trône un large écran tactile de 9 pouces : il s’agit de l’interface « Sensus » permettant au conducteur de contrôler rapidement l’ensemble des fonctionnalités mises à sa disposition : ventilation et climatisation, radio et musique, navigation, téléphonie, sécurité, paramètres personnels, etc. Aussi réactive et intuitive qu’une véritable tablette (avec trois « bureaux » bien agencés), cette interface se prend rapidement en main tant les commandes utiles apparaissent quand et où il le faut, assurant une interactivité maximale avec le conducteur. C’est assurément l’un des points forts de l’habitacle. En outre, l’interface « Sensus » peut se combiner avec le système de navigation à disque dur (en option pour 1.180 €¹), la connectivité « Apple® CarPlay » (360 €¹) ou encore l’ensemble de 19 haut-parleurs « Bowers & Wilkins » (3.300 €¹) délivrant quelques 1.400 Watts de plaisir mélodique. Petit bémol pour la reconnaissance vocale de ce « Sensus », qui bien que tout à fait valable, ne permet pas un flux de paroles aussi naturel qu’annoncé. Lors de cet essai, des phrases simples telles que « J’ai faim », « Trouver un restaurant à proximité » ou « Ecouter Linkin Park » ne trouvèrent guère d’aboutissement. Heureusement, d’autres formules comme « Téléphoner à Nicolas » ou « Aller à Bruxelles » sont plus aisément reconnues par le système de synthèse.

Si le XC90 se contente de s’aligner avec ses concurrents en termes de technologies de confort, il offre une pléthore d’équipements sécuritaires regroupés sous la dénomination « IntelliSafe » et dont certains lui sont jusqu’ici exclusifs. La dotation de série concernant la sécurité est colossale : entre autres, le « City Safety » permet d’éviter (ou de minimiser) les collisions quelle que soit la vitesse et même avec une voiture venant en sens inverse dans un carrefour, le « Lane Departure Warning » prévient le conducteur lorsque le véhicule sort d’une trajectoire délimitée au sol, le « Road Sign Information » reconnaît les panneaux de circulation, le « Vehicle Deceleration Control » prépare l’automobile à un freinage d’urgence alors que l’« Electronic Stability Control » permet, en plus du contrôle de stabilité habituel, d’éviter le tête-à-queue ou le retournement. Le pack d’options « IntelliSafe Pro » (1.900 €¹) propose notamment un cruise control adaptatif de seconde génération tout comme un BLIS Blind Spot Information System ») avertissant le conducteur en cas de risque de collision due à un changement de bande de circulation, mais aussi lorsqu’un choc par l’arrière est sur le point de se produire. Enfin, l’alarme « Volvo Guard » avec « Volvo On Call » permet d’appeler automatiquement les secours en cas d’accident, de prévenir le conducteur en cas d’effraction, de localiser et d’immobiliser le véhicule en cas de vol ou encore de contrôler différents paramètres (tels que le niveau de carburant) via un smartphone. Bien que cachés dans les méandres électroniques du nouveau XC90, ces nombreux équipements de sécurité représentent l’un des chevaux de bataille du constructeur.

Zen attitude

Au volant, pas de mauvaise surprise : l’habitué retrouvera les qualités généralement louées chez Volvo : confort, insonorisation, tranquillité. Par ses dimensions non négligeables (4.950 cm de longueur, 2.140 cm de largeur et 1.776 cm de hauteur), l’engin se manie avec précaution — bien que l’armada technologique veille — et rend parfois le conducteur douteux quant à sa bonne position sur chaussée réduite. Sur route ouverte, le sentiment de sécurité est omniprésent, notamment grâce à une très bonne insonorisation du bloc moteur (même avec notre version diesel d’essai) et des bruits de frottement à haute vitesse (autoroute). En outre la qualité de la suspension standard est impressionnante, si bien que sur notre modèle d’essai, pourtant équipé de jantes de 21 pouces, les aspérités de la route passèrent inaperçues alors que franchir un ralentisseur s’apparenta à rouler sur une petite bosse. Mêmes les routes pavées, qui sont légion dans nos contrées, ne transmettent que peu de vibrations dans l’habitacle où les passagers entendent davantage le revêtement de la chaussée qu’ils ne le ressentent. Et grâce aux sièges enveloppants et confortables, les longs trajets représentent une simple formalité tant pour le conducteur que pour les autres occupants. A ce propos, notons que le XC90 peut être livré en version 7 places : les dimensions sont identiques, mais le coffre cache une rangée de deux sièges supplémentaires qui peuvent être rabattus. A l’arrière, la banquette est divisée en trois places parfaitement mobiles : celles-ci peuvent être avancées ou reculées selon le gabarit du passager, ou même basculées (non sans quelques difficultés…) afin de charger de longs objets dans le coffre.

Selon l’humeur du conducteur, il est possible de sélectionner dynamiquement le mode de conduite : « Eco », « Confort », « Dynamic » et même « 4×4 ». Selon le choix effectué, les paramètres de la direction, des suspensions et du moteur sont adaptés en conséquence. Si la différence entre les modes « Eco » et « Dynamic » est notable, le mode « Confort » constitue probablement un palier de trop, le contraste entre les trois n’étant que légèrement prononcé. Quant au mode « 4×4 » (non testé), il permet bien évidemment de parer le SUV à tous types de terrains en utilisant au mieux la répartition de traction sur ses quatre roues. Quid du comportement routier ? Celui-ci est beaucoup moins chaotique que ce à quoi l’on pourrait s’attendre avec un véhicule de cette taille et de ce poids (qui avoisine les deux tonnes). En effet, la prise de roulis en virage est très contenue, le tangage est minime lors du freinage et la tenue de route est très correcte. Cela dit, le Volvo XC90 n’est pas une voiture que l’on pousse au-delà de toutes limites, si ce n’est peut-être en ligne droite afin d’évaluer sa puissance nominale. Au contraire, ce SUV invite instinctivement son conducteur à adopter une conduite décontractée et non agressive… la zen attitude !

En version diesel, le Volvo XC90 propose actuellement une seule et unique version D5 AWD (« All Wheel Drive » — quatre roues motrices). Le petit quatre cylindres (2,0 L) de 225 chevaux et 470 Nm reste discret au ralenti et à bas régime, se faisant naturellement plus entendre en montant dans les tours sans fournir de claquements désagréables ni pour autant de sonorité envoûtante. Ses prestations sont très correctes, notamment sur les premiers rapports. Le 0 à 100 km/h est ainsi abattu en 7,8 secondes, un chiffre très honorable pour un véhicule diesel de ce poids. Sur autoroute, les dépassements se réalisent facilement, même si l’on en attendait un peu plus des 470 Nm de couple. Globalement, l’on peut comparer les performances du XC90 D5 avec une berline diesel dernier cri d’environ 180 chevaux. La boîte de vitesse automatique à huit rapports, quant à elle, fournit de bonnes prestations d’ensemble. Lors de brusques accélérations, cette dernière manque cependant de réactivité et tarde à rétrograder. Le mode « Dynamic » corrige quelque peu le problème, mais les mordus de l’accélération devront préférablement passer en mode « Manual » (changement des rapports au volant) afin de contrôleur eux-mêmes la boîte au moment le plus opportun.

Concernant la consommation, le constructeur annonce une moyenne pondérée de 5,7 litres/100 km. Attention à ces chiffres donc, où la consommation sur autoroute est davantage prise en compte que celle observée en ville, et qui ne représente pas une véritable moyenne arithmétique. Lors de cet essai, la consommation moyenne s’est établie à 8,6 litres/100 km sur un total d’environ 70 km (70 % d’autoroute), sans véritable souci d’économie de carburant et en évaluant de temps à autres les performances du véhicule. En conduite de tous les jours, cette moyenne devrait descendre à 7 litres/100 km, voire un peu moins.

Quelques chiffres

Le nouveau Volvo XC90 est actuellement disponible en deux motorisations (pour la Belgique) :

  • D5 AWD (Diesel) : 4 cylindres, 1.969 cm³, twin-turbo
    • 225 ch, 470 Nm, 0 à 100 km/h en 7,8 secondes
    • 152 g de CO2/km, consommation 5,7 litres/100 km
    • A partir de 55.200 €¹
    • Déduction fiscale de 70 % en société
    • Taxe de mise en circulation de 4.957 € + 100 € d’éco-malus¹
  • T6 AWD (Essence) : 4 cylindres, 1.969 cm³, compresseur et turbo
    • 320 ch, 400 Nm, 0 à 100 km/h en 6,9 secondes
    • 179 g de CO2/km, consommation 7,7 litres/100 km
    • A partir de 58.500 €¹
    • Déduction fiscale de 70 % en société
    • Taxe de mise en circulation de 4.957 € + 375 € d’éco-malus¹

D’autres moteurs seront bientôt au catalogue, notamment les deux versions suivantes (les plus importantes pour le marché belge) :

  • D4 (Diesel) : 4 cylindres, 1.969 cm³, twin-turbo
    • 190 ch, 400 Nm (0 à 100 km/h encore inconnu)
    • Consommations et rejets encore inconnus
    • A partir de 51.400 €¹
    • Taxe de mise en circulation de 2.478 €¹
  • T8 AWD : 4 cylindres, 1.969 cm³, compresseur et turbo + électrique
    • 400 ch, 640 Nm, 0 à 100 km/h en 6,4 secondes
    • 64 g de CO2/km, consommation 2,7 litres/100 km
    • A partir de 78.500 €¹
    • Déduction fiscale de 90 % en société
    • Taxe de mise en circulation de 4.957 €¹

Comptez 1.500 €¹ supplémentaires pour passer de la version 5 à 7 places. Par rapport à la finition « Kinetic » de base, ajoutez 4.900 €¹ pour la finition « Momentum », ou 11.000 €¹ pour les finitions « Inscription » et « R-Design ». Quant aux options, la liste est longue, mais le constructeur suédois propose de nombreux packs les groupant intelligemment et dont le prix varie de 350 à 4.400 €¹.

Conclusions

Avec ce premier SUV issu d’une nouvelle ère, le chemin tracé par Volvo paraît prometteur. D’une part, l’ADN des véhicules suédois a été conservé et l’on retrouve sans peine leurs caractéristiques auprès du nouveau XC90 : sécurité, confort optimal, développement centré sur le conducteur et sobriété. D’autre part, celui-ci affiche clairement de nouvelles ambitions en terme de luxe avec des finitions haut de gamme, une pléthore d’équipements technologiques, mais aussi — hélas — un tarif élitiste se distançant assez peu de la concurrence. Si le design du XC90 privilégie la pureté, le classicisme et l’élégance, celui-ci ne plaira sans doute pas à tout le monde, réservant le véhicule aux personnes sages, mûres ou introverties. Cela étant, son comportement routier ainsi que son habitacle s’inscrivent parfaitement dans cette philosophie, où l’accent est mis sur le confort de roulage et l’accessibilité des fonctionnalités plutôt que sur les performances ou la débâcle de gadgets. Globalement, le XC90 est un véhicule très agréable, certes dénué de prétentions sportives, mais possédant un tas d’autres atouts. Si les tarifs s’avèrent relativement élevés, les futurs acquéreurs potentiels peuvent se rassurer : la qualité est plus que jamais au rendez-vous.

Les plus

Les moins

+ Design épuré, équilibré, élégant
+ Qualité des plastiques et incrustations
+ Interface « Sensus » réactive et intuitive
+ Confort des sièges
+ Habitabilité
+ Conduite sécurisante
+ Efficacité des suspensions
+ Equipement disponible
– Peu de prises de risque niveau design
– Qualité du cuir (sièges)
– Réactivité de la boîte automatique
– Reconnaissance vocale perfectible
– Manipulation des sièges arrière
– Tarifs proches de la concurrence

¹ Tarifs belges et taxes wallonnes.

Essai réalisé avec l’aimable collaboration du concessionnaire VOLVO INNOVCAR de Mons. Distributeur officiel Volvo, INNOVCAR est également agréé « VOLVO SELEKT » pour la vente de véhicules d’occasion. En outre, la concession assure la vente de pièces détachées, les réparations carrosserie ainsi que les ventes diplomatiques.

Galerie photo

         
         
         

4 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *