Essai Renault Mégane IV 1,5 dCi 110

Pour la première fois, c’est directement auprès du Service Presse d’un constructeur que j’ai obtenu un véhicule à l’essai, et pas des moindres : voici la quatrième génération de la Renault Mégane ! L’héritière de la Renault 19 débarque sur un segment C très concurrentiel avec un bon nombre d’atouts qui séduiront tant les jeunes conducteurs que leurs parents, désireux de se démarquer sans pour autant sacrifier leur confort, leur sécurité et leur porte-monnaie.

C’est sur une Renault Clio 1,2 L de 1993, appartenant à ma mère à l’époque, que j’ai suivi mes premiers cours de conduite alors âgé de 17 ans. C’était en l’an 2000 et pour autant que je m’en souvienne, la petite citadine du constructeur français possédait de nombreuses qualités. « Elle a tout d’une grande ! » vantait d’ailleurs la publicité qui a fait le tour de nos écrans à tube cathodique. Si le panel d’équipements disponibles pour la Clio avait effectivement de quoi faire rougir les concurrentes au début des années ’90 (sièges en velours ou en cuir, climatisation, vitres électriques, direction assistée, verrouillage central, etc.), l’humble exemplaire de ma maman était dépourvu de tout artifice. Néanmoins, cette voiture m’a laissé un excellent souvenir : fiable, bien assemblée, confortable, elle avait également un comportement routier sain et sûr. Ce n’est qu’après avoir essayé d’autres citadines que j’ai réellement saisi quelles étaient les valeurs de la marque au losange.

Des années plus tard, me voilà frappant à la porte du service presse de différents constructeurs afin de tenter d’obtenir un véhicule ou l’autre à l’essai. Pour un simple blogueur, informaticien de formation, la tâche est plutôt ardue. Fort heureusement, le groupe Renault Belux m’a gentiment tendu la main, m’offrant une très belle opportunité : cinq jours au volant de la nouvelle Mégane, quatrième du nom. C’était une occasion à ne pas laisser passer ! L’essai s’est déroulé sous les meilleurs auspices, avec une météo favorable et un emploi du temps me permettant de tester la berline sous tous ses rapports (au propre comme au figuré). Seize ans après la Clio, la nouvelle Mégane m’a laissé, à son tour, une très bonne impression… que je ne peux manquer de vous donner !

Au cœur d’une identité en constante évolution

Contrairement à d’autres modèles du segment C, la Renault Mégane a toujours considérablement évolué d’une génération à l’autre. On se souvient notamment de l’incroyable différence de style entre la première mouture — une berline à hayon sobre et conventionnelle — et son héritière au design anguleux et avant-gardiste. La troisième génération se rapprocha quant à elle davantage de l’Opel Astra, dont les versions trois et cinq portes diffèrent largement et dont le profil se veut plus compact, mais également plus effilé. Aujourd’hui, la dernière génération évolue à nouveau fortement. On ne peut blamer le constructeur français de s’adapter continuellement au marché et à innover tout en persistant à séduire ses fans à travers l’Europe !

Première impression : la Renault Mégane IV est très bien proportionnée. Fini les exubérances des précédentes générations (notamment la seconde), la dernière née du losange assume complètement son statut de compacte. Le profil est fluide et la poupe est travaillée, les portes arrières se fondent dans la ligne et le becquet de toit s’intègre parfaitement dans l’ensemble. Même si les designers semblent avoir pris quelques risques à la vue des optiques avant en excroissance et des feux arrière longilignes, cette nouvelle Mégane présente un dessin à la fois dynamique, novateur et conventionnel. Un design sérieux sans basculer dans l’extrême sobriété, donc, avec quelques touches de fantaisie.

A l’avant, on retrouve une signature stylistique qui tend à se démocratiser sur tous les modèles de la gamme. Un imposant écusson Renault est mis en avant, débordant sur un capot échancré à cet effet, niché dans une large calandre joignant les optiques et s’évasant largement sur la partie inférieure du pare-chocs. De part et d’autre de l’intimidant logo se trouvent des lames horizontales aux accents d’aluminium et finement creusées en finition noire brillante. Un appréciable jeu de contraste, selon moi.

Mais l’originalité de cette face avant réside avant tout dans ses phares au dessin complexe, à la fois fins et enveloppants : les optiques, bien alignées, prolongent harmonieusement la calandre alors que les feux de jour, en LED, entourent et soulignent ceux-ci en formant un large crochet. Même en version halogène — comme sur le modèle d’essai, ces phares sont plutôt bien travaillés.

Pour conférer plus de dynamisme à l’ensemble, les clignotants ont été intégrés à la partie inférieure du pare-chocs. Larges et donc visibles, ils surplombent les feux anti-brouillard — plus traditionnels — logés dans des appliques noires dédiées. Enfin, la prise d’air centrale est séparée de celles-ci par deux larges moustaches fuyantes. Je trouve donc l’ensemble audacieux et assez dynamique.

Bonne nouvelle : lorsque l’on découvre le profil de cette nouvelle Renault Mégane, on ne manque pas de constater que les baguettes de protection en plastique ont définitivement disparu du bas des portières. Les seniors s’en plaindront peut-être, certes, mais il faut avouer que ce détail avait tendance à faire tache sur les précédents modèles. Cela dit, les designers ont contre-balancé ce manque en réalisant une large empreinte creuse au même endroit. Il en résulte une bonne note de vivacité, sur un ensemble plutôt sobre.

On pourra noter que le badge de la gamme de finitions (Bose dans notre cas) est incrusté sur l’aile avant tout en débordant sur la portière : une petite touche d’exclusivité, mais également une manière pour les curieux admirateurs de connaître en un coup d’œil le niveau d’équipements du véhicule qu’ils sont en train de contempler. Les portes arrière offrent un dessin plus spécifique avec notamment une ceinture de caisse haute et « cassée » aux deux tiers, fuyant vers le hayon. Là encore, on peut s’assurer que le coup de crayon a eu pour but de dynamiser davantage la berline à cinq portes. On peut ainsi imaginer que, contrairement à la génération précédente, les versions trois et cinq portes seront plus proches… à confirmer dans quelques temps ! Dernière remarque, sur mon modèle d’essai, les poignées de porte étaient enjolivées d’un insert chromé. La preuve que cette Renault Mégane IV peut se montrer, selon la finition choisie, très raffinée…

Quant à l’arrière du véhicule, il surprend surtout par ses feux qui s’étalent jusqu’à l’écusson en forme de losange. C’est osé et assez réussi selon moi, notamment dans l’obscurité où les LED démontrent toutes leurs qualités : une ligne lumineuse longe les contours inférieurs des larges blocs rouges… la classe ! Fins et élancés, ces feux n’ont peut-être qu’un seul défaut : contrairement à l’avant, les clignotants sont ici peu visibles.

Le large becquet souligne proprement la lunette arrière qui s’avère peut-être un peu trop étroite : c’est très joli vu de l’extérieur, mais la visibilité en souffre quelque peu lorsque l’on est au volant. Un désavantage compensé par la présence, en option, d’une caméra de recul… idéalement placée dans large logo du constructeur français. D’une manière générale, la poupe s’intègre parfaitement au reste de la carrosserie et fournit un ensemble homogène et particulièrement dynamique avec des traits recherchés et quelques arêtes marquées. Le hayon court octroie un aspect musclé à l’arrière du véhicule, au détriment, cependant, d’un seuil de chargement haut et assez éloigné. Attention donc à ne pas griffer le pare-chocs en remplissant le coffre.

Quand sobriété rime avec exclusivité

L’habitacle de la nouvelle Renault Mégane tranche radicalement avec ce que le constructeur a pu proposer par le passé. Totalement repensée, la planche de bord est une véritable révolution. Les compteurs, tout d’abord, se composent d’un écran digital central et de deux petites jauges de part et d’autre de ce dernier, indiquant respectivement la température moteur et le carburant restant. L’écran LCD, remplaçant les tachymètres traditionnels dès le niveau de finition Zen, offre une très bonne qualité d’image ainsi que des couleurs chaudes et contrastées — réglables en intensité et luminosité. Celui-ci affiche le régime moteur, la vitesse (digitale), le mode de conduite sélectionné, la direction à suivre en cas de guidage, la consommation instantanée ou encore une icône incitant à engager le rapport supérieur.

L’intérêt de l’écran digital est qu’il peut être personnalisé : vous pouvez afficher tantôt les comptes-tours, tantôt la vitesse ; les indications du GPS peuvent être remplacées par celles de la radio ou des lecteurs médias, le rappel de bouclage de ceinture peut se substituer à celui de la conduite éco, alors que les informations situées au bas de l’écran peuvent passer de la consommation instantanée à la moyenne du voyage ou l’autonomie restante sur simple pression d’une commande au volant.

A l’utilisation, ces compteurs digitaux s’avèrent assez efficaces, toutes les informations nécessaires y étant centralisées. L’indicateur de direction, activé lorsqu’un itinéraire GPS a été introduit, est particulièrement pratique pour anticiper la prochaine manœuvre sans quitter la route des yeux. De plus, les renseignements affichés sont clairs et correctement disposés, rien n’est fouillis ou illisible. Par contre, l’indicateur de consommation moyenne (ou ses alternatives) est, en pratique, un peu caché par le moyeu du volant. Personnellement, je devais lever la tête pour pouvoir le lire. L’on peut également regretter qu’il ne soit pas possible d’afficher à la fois les comptes-tours et tachymètre. La meilleure option est donc d’afficher les comptes-tours sur l’ensemble de l’écran et la vitesse actuelle en son centre (comme sur la photo ci-dessus). Heureusement, celle-ci se met très rapidement à jour !

Le reste du tableau de bord est à la fois sobre et recherché. Ici, pas de lignes excentriques, de protubérances massives ou d’inserts décoratifs à foison. La planche de bord est épurée, propre, nette et surtout, ses finitions sont flatteuses. Ainsi, les compteurs et la console centrale semblent connectés, car la partie supérieure du tableau de bord les englobe d’un seul trait, alors qu’elle fuit délicatement vers le pare-brise à l’autre extrémité. Quel progrès depuis la génération précédente ! Même l’enceinte Bose, uniquement disponible dans le niveau de finition éponyme, est parfaitement intégrée à l’ensemble. Côté passager, la sobriété est à nouveau de mise, si bien que l’on n’y trouve qu’une baguette décorative aux accents d’aluminium brossé. L’ensemble du tableau de bord (du moins sa partie supérieure) ainsi que le haut des portières sont recouverts d’un plastique moussé, agréable tant à l’œil qu’au toucher. De plus, de nombreuses notes d’aluminium parent les ouïes de ventilation, les compteurs, les commandes de climatisation, le volant, le changement de vitesses ou encore l’élément inférieur de la console centrale. La partie basse du tableau de bord tout comme celle des contre-portes (et vides-poches) sont quant à elles composées d’un plastique dur, mais dont la finition reste toutefois très honnête.

Pour moi, le point fort de cet habitacle reste la console centrale : une réussite dans son ensemble. La tablette tactile qui y trône, forte de ses 22 cm de diagonale (finitions Bose et GT), offre une clarté d’image aussi bonne que celle des compteurs digitaux. Les quelques commandes de climatisation que l’on retrouve en dessous sont fines et bien assemblées. Même constat pour la partie supportant le levier de boîte de vitesses : le plastique utilisé est de très bonne facture et renforce l’impression de qualité perçue, alors que l’assemblage ne souffre d’aucun problème d’ajustement. Ainsi, l’intégralité de la console centrale ne bouge pas d’un poil et donc, n’émet aucun bruit parasite en roulant. Un très bon point.

Autre bonne nouvelle, l’habitabilité est au rendez-vous. A l’arrière, la banquette offre assez d’espace pour installer trois adultes confortablement — la troisième place étant favorisée par la quasi-absence de tunnel central. Par ailleurs, les rangements sont très corrects, même si l’on aurait apprécié quelques artifices supplémentaires. On retrouve néanmoins une très grande boîte à gants, des vides-poches profonds et un emplacement central modulable pouvant accueillir soit deux boissons, soit un téléphone portable ou autres objets de cette taille — très bien pensé ! L’accoudoir central avant, qui a l’avantage de coulisser d’avant en arrière afin de s’adapter à l’anatomie du conducteur, recèle lui aussi un espace de rangement supplémentaire.

Enfin, tout comme les berlines haut de gamme, la Mégane IV s’est dotée d’un éclairage d’ambiance. Les portières avant et arrière ainsi que la console centrale comportent une saillie de laquelle jaillit une chaleureuse lumière bleue… ou rouge, ou verte, ou jaune, ou violette ! La couleur de cet éclairage ambiant peut en effet être personnalisée : selon le mode de conduite choisi, mais également selon les préférences du conducteur. Notons toutefois que, la nuit, cet éclairage se reflète largement sur les vitres, ce qui peut éventuellement gêner le conducteur. Heureusement, cette fonctionnalité purement cosmétique peut être atténuée, voire désactivée.

Une remise à niveau technologique accessible

Assez parlé de l’habitacle, tournons-nous désormais vers les équipements que propose cette nouvelle Renault Mégane. Comme on pouvait s’y attendre, la berline s’est mise au diapason et propose un arsenal technologique complet à la fois au niveau de la sécurité, du multimédia, des aides à la conduite ou… de la conduite, tout simplement. En première ligne, mon coup de cœur va sans hésitation au système multimédia R-Link 2. Celui-là même que l’on retrouve sur la console centrale au travers d’un écran tactile de 22 cm (de série pour les finitions Bose et GT) ou de 18 cm (dès la finition Zen) de diagonale. Sur les gammes inférieures à Bose, le grand écran de 22 cm se monnaie à 350 €1 seulement. Controllable du bout des doigts, réactif et assez intuitif (bien qu’un peu difficile à prendre en main au départ), cet ordinateur de bord permet de commander entre autres la navigation GPS, la musique (radio ou MP3), le téléphone (connexion Bluetooth), les aides à la conduite ainsi que les moindres réglages du véhicule.

Le R-Link 2 présente plusieurs similitudes avec l’utilisation d’une véritable tablette tactile. Premièrement, l’écran d’accueil comporte différentes pages (« workspaces » ou « bureaux » dans le jargon informatique) auxquelles l’on peut accéder en glissant le doigt horizontalement sur l’écran — comme pour les faire défiler. Si la première page indique simplement la date et l’heure (formats modifiables), les autres sont entièrement personnalisables : vous pouvez y placer un raccourci vers une entrée de votre répertoire téléphonique, les commandes de la radio, les indications de navigation courante ou d’autres informations sur la conduite éco. Deuxièmement, le haut de l’écran rassemble quelques données globales comme l’état de la connexion Bluetooth, le niveau de batterie du téléphone portable connecté, l’heure, le statut des appels téléphoniques ou le numéro de page sélectionnée. Troisièmement, l’on peut effectuer un zoom sur la carte de navigation GPS en utilisant deux doigts — que l’on écarte de plus en plus — tout comme on le ferait dans Google Maps. Enfin, la plupart des écrans disponibles disposent d’un bouton « Retour » ou « Menu contextuel » afin de retourner au menu précédent ou d’afficher les possibilités supplémentaires sur celui en cours de consultation.

Le système de navigation GPS du R-Link 2 est l’un de ses grands atouts. Très détaillé et fluide, il tire parfaitement parti de l’orientation verticale de l’écran de 8,7 pouces (les fameux 22 cm) en affichant la position courante à hauteur de son quart. Dès lors, les trois quarts restant permettent de visualiser distinctement la route à venir, d’autant plus que les reliefs sont parfaitement visibles (notamment les ponts) et que les directions à prendre sont bien indiquées d’une flèche bleue. Les différents types de route ainsi que le nom des rues et voies rapides y figurent tout aussi explicitement. Les limitations de vitesse et les radars fixes sont également affichés. Utilisable en mode « carte » (sans avoir entré d’itinéraire particulier), ce système GPS offre quelques autres bonnes surprises. Parmi celles-ci, j’ai apprécié le fait qu’à l’approche d’une sortie d’autoroute ou d’un échangeur, les différentes directions et les bandes de circulation y étant liées s’affichent sous forme de panneaux bleus en haut de l’écran, au cas où vous n’auriez pas vu ceux qui se trouvent sur la route. Un véritable co-pilote.

Parmi les autres fonctionnalités du R-Link 2 peut-on citer la commande de la climatisation, le contrôle du téléphone Bluetooth, ou la configuration du véhicule. On peut ainsi, par exemple, régler le type de son émis par les capteurs d’obstacles, la luminosité des écrans et de l’éclairage d’ambiance, la vitesse et l’intensité des sièges massants, l’activation ou la désactivation des aides à la conduite ou la dynamique de roulage. La possibilité de définir des profils est par ailleurs une excellente chose : vos réglages favoris sont sauvegardés dans un compte utilisateur, un peu à la manière d’un ordinateur. Plusieurs conducteurs peuvent ainsi conduire le véhicule et adapter toutes ses fonctions en quelques touchers d’écran. En outre, le système permet même d’installer des applications personnalisées (traffic, radars, restaurants, etc.) via un « App store » à la manière d’Apple ou d’Android. Et la liste des opérations possibles avec ce R-Link 2 est encore longue…

Sous d’autres rapports, la Renault Mégane de quatrième génération offre un système de détection d’obstacles à 360° grâce à un ensemble de capteurs, une caméra de recul avec lignes de guidage et la possibilité de réaliser trois types de manœuvres automatiquement, sans toucher le volant (créneau, parking en bataille ou stationnement en épi)… et tout ceci pour 400 € (Pack Easy Parking). Avec ces quelques commodités, plus question d’égratigner la carrosserie ! On retrouve également un régulateur de vitesse adaptatif (qui garde un certain intervalle avec le véhicule vous précédant) avec avertisseur de distance et freinage actif d’urgence au travers du Pack Cruising pour 650 €. Mêmes les phares à LED avant et l’afficheur tête haute (« Head-Up Display ») sont disponibles via le Pack Night pour 750 €. Un frein à main électrique est également offert à partir du niveau d’équipements Bose ; il peut néanmoins s’installer sur d’autres versions pour 250 €. Pour le reste, la dotation de série ainsi que celle des différentes finitions offrent bien d’autres fonctions plus communes. Pas de doute : la nouvelle berline du constructeur français est diablement bien équipée ! Les gammes de finitions sont d’ailleurs nombreuses et bien échelonnées, alors que les options se voient groupées par packs avantageux.

Sur la route : un bon compromis

Si je ne pouvais donner qu’un seul qualificatif pour décrire cette Mégane IV, je dirais « confortable » car c’est la qualité qui m’a le plus marqué. En effet, les sièges sont déjà très agréables et reposants, d’autant plus qu’ils peuvent masser le conducteur (à partir de la finition Bose). Epais et enveloppants (mais pas autant que sur une sportive, rassurez-vous), leur dessin reste assez sobre alors qu’au niveau du revêtement, le cuir est relativement mou et le tissu est gaufré ; néanmoins les coutures s’avèrent un peu grossières. Un petit détail cosmétique rapidement oublié lorsque l’on s’installe à bord du véhicule. N’oublions pas les appuies-tête réglables qui permettent de soutenir parfaitement la nuque tout en restant assis normalement : c’est un détail, mais ça se fait rare et c’est vraiment bénéfique sur les longs trajets. Ajoutez à ceci des suspensions souples avec un débattement significatif (que l’on ressent assez bien sur les casses-vitesse) et vous obtenez un confort de roulage exceptionnel pour une voiture de ce segment. Sur autoroute, les longs trajets deviennent une partie de plaisir. On regrettera juste quelques frottements de l’air sonores dus, à première vue, aux rétroviseurs.

Le moteur, un bloc 1,5 dCi développant 110 ch pour 260 Nm, n’est pas l’élément le plus marquant de cet essai. C’est pourquoi je ne m’y attarderai pas plus que nécessaire. Moulin connu et ayant fait ses preuves depuis une paire d’années, il offre une puissance suffisante pour assurer des déplacements plaisants, des dépassements aisés sur l’autoroute et de très bonnes reprises sur les trois premiers rapports. A ce propos, la principale caractéristique de ce bloc motopropulseur alimenté au diesel est la grande disponibilité de son couple à bas régime, notamment de la 1ère à la 3ème vitesse. La voiture démarre au quart de tours et se montre même nerveuse jusqu’à 80 km/h. En ville, c’est un régal, car il n’est pas nécessaire d’écraser l’accélérateur pour s’insérer rapidement dans le trafic ou pour atteindre facilement la vitesse réglementaire. Les 4ème, 5ème et 6ème rapports sont par contre beaucoup plus linéaires et nécessitent davantage de monter dans les tours pour bénéficier d’accélérations franches, bien que les 110 ch montrent alors leur limite.

Il est de notoriété que les Renault sont des véhicules qui tiennent bien la route. Je me souviens de l’essai de la Laguna III sur les routes sinueuses de Corse où je m’étais régalé en enchaînant, stupéfait, toutes les courbes avec une aisance souveraine. Avec la Mégane IV, même topo : si les suspensions sont souples, elles se révèlent pourtant très efficaces en virage où le véhicule adhère parfaitement au bitume tout en assurant un sous-virage très réduit. Un comportement routier qui rattrape largement les performances timides du moteur de 110 ch. Au volant, je ne pouvais m’empêcher de penser « Qu’est-ce que ça doit être avec la version GT… ou la future RS ! ». Peut-être lors d’un prochain essai ?

Quitte à parler de dynamique de conduite, abordons la possibilité de l’adapter selon notre humeur grâce au « Multi-Sense ». La fonctionnalité, que l’on peut commander soit via l’écran tactile, soit par simple pression sur un bouton situé près du levier de vitesse, permet de sélectionner les modes Sport, Confort, Eco, Neutral et Perso. Ces derniers adaptent l’assistance de la direction, la réactivité du moteur et l’efficacité de la climatisation (mais pas les suspensions). Comme on peut s’y attendre, le mode Sport joue davantage sur la direction et le moteur, alors que le mode Eco réduit le potentiel de l’accélérateur et de la climatisation. En fonction des envies du conducteur, l’on pourra donc plutôt circuler dans une voiture plus nerveuse, plus confortable, ou plus économique. Le mode Sport étonne par la réactivité qu’il parvient à fournir au moindre appui de la pédale, alors que la direction devient plus précise et un peu plus communicative.

Quid de la consommation ? C’est ici que le moteur 1,5 dCi se montre sous son plus beau jour. Sur autoroute, en roulant normalement, la consommation moyenne tourne autour des 4,2 L/100 km. Sur un long trajet et en faisant davantage attention, celle-ci peut à mon avis descendre encore vers 3,8 L. A contrario, en roulant en ville et en m’amusant un peu sans la moindre pensée écologique, je suis monté à 5,6 L/100 km. Cela reste très frugal et il paraît difficile de consommer encore moins sans l’adjonction d’un moteur électrique.

Quelques chiffres

La Renault Mégane IV propose pas moins de cinq niveaux d’équipement incorporant de plus en plus de packs d’options. Les fonctions disponibles « à la carte » sont ainsi réduites à leur minimum, permettant à la personne intéressée de trouver rapidement son bonheur sans avoir à se noyer dans une liste d’équipements pléthorique. Les niveaux de finition sont les suivants1 :

  • Life à partir de 17.950 € ;
  • Zen à partir de 20.000 € ;
  • Intens à partir de 22.000 € ;
  • Bose Edition (modèle testé) à partir de 25.200 € ;
  • GT à partir de 29.950 €.

A titre de comparaison, la Peugeot 308 débute à 16.309 €, la Toyota Auris à 17.320 €, la Citroën C4 à 17.400 €, l’Opel Astra à 17.975 € et la Volkswagen Golf à 19.150 €. Quant à notre modèle d’essai, sa valeur catalogue est de 29.400 €.

De série avec la finition Life, la Mégane se dote déjà (entre autres) d’un verrouillage central avec télécommande, de rétroviseurs électriques et chauffants, de l’air conditionné ou du régulateur/limiteur de vitesse. Le niveau Zen ajoute la climatisation automatique dual zone, des feux anti-brouillard avant, les feux diurnes en LED ou la gestion automatique des phares et essuie-glaces. Pour la finition Intens, ajoutez le radar de recul, les rétroviseurs rabattables électriquement, le déverrouillage et démarrage mains-libres, le réglage lombaire du siège conducteur ou l’alerte de franchissement de ligne. La finition Bose (testée) ajoute encore le système R-Link 2 de 22 cm de diagonale, le frein de parking électrique, le « Multi-Sense » et, bien sûr, le système audio Bose ! Enfin, la version GT propose plus ou moins le même équipement que la Bose (sans le système audio éponyme), mais avec un look caractéristique tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, avec notamment des sièges sport particulièrement réussis.

Quelques packs d’options :

  • Le système R-Link 2 standard (écran horizontal de 18 cm) est à 590 € ;
  • Le Park City (capteurs de parking et rétroviseurs rabattables) et à 500 € ;
  • La mise à jour vers le R-Link 2 de 22 cm (écran vertical) est à 350 € ;
  • Le Easy-Parking est à 650 € (450 € sur Bose et GT) ;
  • Le pack Cruising est à 650 € ;
  • Le pack Night est à 750 € ;
  • Le frein à main électrique est à 250 €.

Du côté des motorisations, on retrouve les choix suivants (tous sont des 4 cylindres) :

  • Essence
    • Le 1,2 L TCe 100 ch (175 Nm), conso. mixte 5,4 L/100 km et 120 g CO2 ;
    • Le 1,6 L TCe 130 ch (205 Nm), conso. mixte 5,5 L/100 km et 123 g CO2 ;
    • Le 1,6 L TCe 205 ch (280 Nm), conso. mixte 6,0 L/100 km et 134 g CO2.
  • Diesel
    • Le 1,5 L dCi 90 ch (220 Nm), conso. mixte 3,7 L/100 km et 95 g CO2 ;
    • Le 1,5 L dCi 110 ch (260 Nm), conso. mixte 3,9/100 km et 100 g CO2 ;
    • Le 1,6 L dCi 130 ch (320 Nm), conso. mixte 4,0/100 km et 105 g CO2.

Concernant la boîte automatique EDC, elle n’est apparemment disponible que pour les moteurs dCi 110 ch (en 6 rapports) et TCe 205 ch (en 7 rapports).

En conclusion

La nouvelle Renault Mégane remplit parfaitement son contrat en offrant une sympathique alternative aux concurrentes. Sobre mais pas trop, elle dégage une pointe de dynamisme avec son look branché et son design plus travaillé et recherché que par le passé. On appréciera que, contrairement à d’autres constructeurs, Renault a choisi de garder une certaine dissemblance entre les modèles de sa gamme, rendant cette Mégane authentique et clairement reconnaissable. Son habitacle adopte un style tranchant radicalement avec les précédentes générations, plus distingué et muni de finitions flatteuses. Si le confort est le premier atout au rendez-vous, les nouvelles technologies ne sont pas en reste. La Mégane IV est ainsi bien équipée de série et propose des packs d’options très complets, innovants et accessibles. Et même si les nombreuses fonctionnalités peuvent s’avérer complexes à prendre en main de prime abord, on constate au bout de quelque temps passé au volant que l’ergonomie est finalement plutôt bonne. Finalement, cette voiture offre un très bon rapport qualité/équipement/prix.

J’ai aimé :

  • Le look extérieur, à mi-chemin entre sobriété et dynamisme ;
  • Les finitions, la qualité d’assemblage et la qualité perçue dans l’habitacle ;
  • Le confort des sièges ainsi que celui des appuies-tête et des suspensions ;
  • Le système R-Link 2 avec son grand écran vertical et ses multiples fonctions ;
  • Les nombreuses possibilités de personnalisation grâce au R-Link 2 ;
  • La tenue de route exemplaire ;
  • Le système « Multi-Sense » ;
  • La consommation.

J’ai moins aimé :

  • La visibilité réduite à l’arrière ;
  • Les performances du dCi 110 ch sur les rapports 4 à 6 ;
  • La prise en main un peu complexe des différentes fonctions technologiques et systèmes d’assistance ;
  • Le seuil de chargement du coffre, un peu haut et profond ;
  • Quelques bruits de frottements de l’air sur l’autoroute.

Un tout grand merci à l’équipe de Renault Press Belux pour avoir accepté de me prêter ce véhicule pendant cinq jours.

1 Tarifs belges

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2 commentaires

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  • Marie lekens

    c’est bien Jérémie, sois plus concis dans tes descriptions. je pense que pour y arriver, tu dois faire abstraction du sujet et ne plus y voir que des « lignes » des « directions », tu dois voir le sujet avec les yeux d’un peintre;(Je parle ici des détails physiques, le côté technique, lui, doit être précis).
    Cela te permettra de réduire tes textes.J’ai apprécié par contre ton « j’ai aimé »et ‘je n’ai pas aimé’….concis et bref. Tes photos sont explicites et intéressantes.

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